Resending: Quand les KPI RH redessinent la culture d’entreprise 📊🧠


👋 Reader

Vous avez peut-être déjà vécu cette situation :

Un mardi matin, votre entreprise annonce avec enthousiasme que "l’engagement est à 72 !", que "le bien-être progresse de +4 points !", que "le turnover est sous contrôle !"… et que, donc, nous allons réorganiser les équipes, changer les managers et revoir la politique du télétravail.

Pas besoin de débat ou de consultation des salariés puisque que "les chiffres parlent".

Ben voyons...

Bienvenue dans l’ère où la culture d’entreprise se mesure et se pilote par la data.

L’actu décryptée : la culture d'entreprise devient un KPI trimestriel

Il y a quelques années, la définition de culture d'entreprise incluait différentes notions comme : valeurs, ambiance, rituels, histoires fondatrices, slogans, afterworks (plus ou moins joyeux).

Aujourd’hui, elle se présente aussi sous forme de graphiques :

📊 Engagement : NPS, surveys...

📊 Bien-être et QVT : ressentis déclarés, prévention, absences...

📊 Turnover : volontaire et involontaire, regretté et non-regretté

📊 Formation : heures dispensées, certifications, complétion...

📊 Performance : objectifs atteints, évolution...

📊 Collaboration : participation aux évènements internes, intranet, interactions...

Et le plus important : ces indicateurs déclenchent des décisions.

On n’écoute plus seulement les signaux faibles : on réagit à des dashboards.

Le twist phygital 🔁

Ce qui change, ce n'est pas que l'on mesure pour arbitrer.

La différence se situe dans ce que l'on mesure pour décider.

La culture d'entreprise s'est reconstruite à partir de données physiques et numériques :

🧑‍💻 Vos ressentis (enquêtes d’engagement) → numérique

🧑‍💻 Vos comportements (objectifs, feedback, formation) → numérique

🧑‍💻 Vos présences (badge, présence dans les bureaux, télétravail) → physique → numérisé

🧑‍💻 Vos interactions (réunions, e-mails, Teams) → numérique

🧑‍💻 Vos absences, retards, pauses café → physique → dashboard

Résultat : la culture d'entreprise devient un "système d’exploitation" suivi au trimestre, comme la croissance ou la marge.

La culture d'entreprise n’est plus uniquement cette histoire qu’on se raconte, c’est devenu un ensemble de métriques suivies chaque trimestre.

Pourquoi c’est puissant (et tentant)

Pilotée intelligemment, la culture-métrique aide à identifier ce qui fonctionne et à alerter sur des difficultés.

Le dashboard peut alors devenir un véritable outil de lucidité :

✅ Détecter des moments de charge intense pour éviter l'épuisement des équipes (et les burn-out)

✅ Analyser des comportements et resssentis au travers de l'onboarding, la mobilité interne...

✅ Prouver ce qui fonctionne (ou non) : formation utile, management...

✅ Éviter certains slogans bullshit comme "People first" sans apporter de preuve

Le danger : quand on optimise le chiffre… mais pas la culture d'entreprise 🧨

Dès qu’un indicateur devient un objectif, il se transforme.

(Oui oui, c’est une loi non-écrite pour tous les KPI 😁)

1️⃣ L’engagement devient une note qui doit progresser

Les équipes apprennent à répondre "correctement" pour obtenir la meilleure note attendue.

Les managers se mettent à "gérer les résultats de l’enquête" plutôt que d'accompagner les collaborateurs au quotidien.

➡️ Une équipe peut sembler très engagée ou sur-adaptée parce qu’elle a eu peur d'attribuer une mauvaise note à une enquête de satisfaction.

2️⃣ Le bien-être devient un indicateur de façade

On lance des actions visibles : yoga, afterwork, baby-foot...

Mais on ne touche pas à l'essentiel : charge, priorités floues, missions contradictoires...

➡️ L'entreprise affiche une volonté d'être à l'écoute du bien-être de ses collaborateurs en cochant des cases ; mais pas nécessairement celles souhaitées par les équipes.

3️⃣ La formation dispensée vaut pour compétences acquises

On valorise le suivi des sessions de formation mais pas la transformation des acquis.

On se retrouve alors avec des organisations "très (bien) formées" sur le papier… mais inchangées dans leurs pratiques.

➡️ Les KPI de formation ne permettent pas toujours d'évaluer la montée en compétence des équipes.

Ce que vous mesurez finit par vous transformer

C'est ce que l'on appelle l'effet miroir : quand vous mesurez la culture d'entreprise par des métriques celle-ci commence à se comporter... comme une data.

🧩 Les habitudes s’alignent sur les chiffres suivis

🧩 Les priorités s’alignent sur la data présentée en comité

🧩 Les discussions s’alignent sur les dashboards comparé entre les équipes

Et petit à petit on ne se demande plus "quelles sont les vraies attentes de l'entreprise ?", mais on se demande plutôt "qu’est-ce qui va améliorer nos tableaux de bord ?"

3 conseils pour véritablement piloter sa culture d'entreprise

1️⃣ Associer chaque KPI à une question

Un KPI sans question, c’est juste un score.

Exemples :

  • L'engagement baisse : Qu’est-ce qui fatigue ? Qu’est-ce qui démotive ?
  • Le turnover augmente : Qui part ? Pourquoi ? Qu’est-ce qu’on perd vraiment ?
  • Les demandes de formation sont en hausse : Qu’est-ce qui change dans le travail concrètement ?

2️⃣ Distinguer "mesure" et "sens"

Un chiffre peut être exact… mais raconter une histoire fausse.

Ajoutez systématiquement :

  • des sources fiables
  • des entretiens qualitatifs
  • des verbatims
  • des exemples terrain
  • des signaux faibles

3️⃣ Mesurer aussi ce qu’on ne souhaite pas optimiser

Parfois de bons KPI peuvent cacher des comportements toxiques.

Surveillez les effets secondaires :

  • hyper-contrôle
  • perte de créativité
  • conformisme
  • baisse de la prise de risque
  • surcharge

Petite expérience mentale 🧠

Imaginez deux entreprises :

🏢 L'une parle de QVT, de sens, affiche des posters, annonce qu'elle incarne des valeurs → culture racontée

🏦 L'autre suit 12 KPI RH trimestriels, aligne les managers sur ces métriques → culture mesurée

Laquelle vous semble la plus “réelle” ?

Et surtout : laquelle vous donne envie d'y travailler, d'y grandir ?

La question du mois

Quand votre culture devient un dashboard…

qui décide de ce qu’elle est censée être ?

Philippe GastaudConsultant Marketing Digital & IA
philippe@e-strategic.fr • 06.60.65.49.90 • www.e-strategic.fr

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