🎭 Quand tout peut ĂȘtre fake, qu’est-ce qui fait preuve ?


👋 Reader

Il est 8h42 : un mail "urgent" arrive sur le Slack de l’équipe.
On y voit une vidéo du DG, impeccable, demander une annonce immédiate suite à une crise.
Tout le monde s’exĂ©cute : mails, posts, comm’
 la machine se met en marche.
La vidéo est crédible : voix, visage, tics de langage, tout y est.
Un lĂ©ger dĂ©tail dĂ©range, mais l’urgence Ă©crase le doute.

À 9h12, le vrai DG entre dans l’open space, dĂ©tendu.
"Quelle annonce ?" demande-t-il, surpris.
On lui montre la vidéo : il pùlit.
Ce n’est pas lui
 mais ça lui ressemble parfaitement.
Et la question devient : quand tout peut ĂȘtre fake, qu’est-ce qui fait preuve ?

Le bug : notre rĂ©flexe "je l’ai vu donc c’est vrai"

Pendant longtemps, la preuve Ă©tait sensorielle : je l’ai entendu, je l’ai vu, il l’a dit devant moi.

Les deepfakes cassent ce raccourci. Le problĂšme n’est pas seulement la vidĂ©o truquĂ©e : c’est la perte de valeur de tout le reste.

RĂ©sultat : on glisse d’un monde oĂč l’on Ă©valuait le contenu (ce que je vois) Ă  un monde oĂč l’on doit Ă©valuer le chemin du contenu (d’oĂč ça vient, comment ça a circulĂ©).

La réponse "industrie" : créer une carte d'identité par contenu

C’est l’idĂ©e des Content Credentials / C2PA : associer Ă  une image/vidĂ©o/audio une sorte de carte d'identitĂ© (provenance, historique d’édition, signature cryptographique). Ce standard insiste sur un point crucial : il ne dit pas "c’est vrai", il dit "c’est attribuĂ©, non altĂ©rĂ©, signĂ©, traçable".

Et pour Ă©viter que ces infos disparaissent quand un contenu est recompressĂ© ou republiĂ©, l’écosystĂšme prĂ©voit aussi des mĂ©canismes comme le watermarking (marquage) pour retrouver l'historique du contenu.

Mais si les plateformes, applis et messageries ne jouent pas le jeu, les mĂ©tadonnĂ©es peuvent ĂȘtre invisibles, supprimĂ©es, ou simplement ignorĂ©es.

En clair : on ne gagne pas la bataille du "vrai" avec une technologie. On la gagne avec une chaĂźne de confiance

La réponse "régulation" : obliger à signaler et à marquer

L’Europe pousse Ă  des obligations de transparence sur les deepfakes et contenus numĂ©riques. L’idĂ©e est de rendre l’IA dĂ©tectable/markĂ©e et d’imposer une information claire quand il s’agit de contenu rĂ©aliste gĂ©nĂ©rĂ©/manipulĂ©.

Traduction : on ne demande plus aux individus d’ĂȘtre des experts en forensic. On demande aux systĂšmes d’intĂ©grer la preuve par dĂ©faut.

Le twist biométrique : quand la preuve devient votre corps

Quand tout peut ĂȘtre fake, la tentation est forte : OK, alors on va vĂ©rifier avec le visage/la voix/l’iris.

On voit Ă©merger une logique : prouver que vous ĂȘtes vous, plutĂŽt que prouver que le contenu est vrai.

Ça se connecte Ă  des infrastructures d’identitĂ© numĂ©rique (ex : portefeuille d’identitĂ© numĂ©rique europĂ©en) pensĂ©es pour fonctionner en ligne et hors ligne et disponibles Ă  large Ă©chelle dans les prochaines annĂ©es.

Le risque : remplacer la question "est-ce vrai ?" par "qui a l’autoritĂ© de dire que c’est vrai ?"

Autrement dit : la confiance change de forme.

🧠 Ce que ça dit du monde qui vient

La confiance se dĂ©place de l’humain vers l’infrastructure

Avant : je fais confiance Ă  une personne / une institution / mon intuition.

Aprùs : je fais confiance à un protocole, une signature, un registre, un wallet, une plateforme


Et ça change tout : la preuve n’est plus un moment ("j’ai vu"), c’est une traçabilitĂ© ("je peux vĂ©rifier le parcours").

3 questions qui dérangent

  1. Si une preuve n’est lisible que via un outil/une plateforme : est-ce encore une preuve ?
  2. Entre watermarking, labels, signatures : qui décide du standard de vérité ?
  3. Quand la biométrie devient la clé de la confiance : qui protÚge votre identité contre les fuites de données, les abus, et les erreurs ?

Mini-checklist "anti-fake" (sans devenir parano)

  • Cherchez le contexte (source initiale, date, compte d’origine), pas seulement le contenu.
  • MĂ©fiez-vous des contenus trop parfaits Ă©motionnellement : les deepfakes adorent la colĂšre et l’urgence.
  • PrĂ©fĂ©rez les contenus avec une provenance vĂ©rifiable (labels/credentials) quand c’est disponible en gardant en tĂȘte que ce n’est pas (encore) universel.

Philippe Gastaud ‱ Consultant Marketing Digital & IA​
​philippe@e-strategic.fr ‱ 06.60.65.49.90 ‱ www.e-strategic.fr​
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