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đ Reader Une peluche qui rĂ©pond Ă toutes les questions. En quelques annĂ©es, lâenfance est devenue un terrain (de jeu ?) dâexpĂ©rimentation pour les algorithmes. On peut alors se demander : Qui Ă©duque rĂ©ellement les enfants : les parents, lâĂ©cole⊠ou les algorithmes ? Bienvenue dans le monde de lâenfance phygitale. đ Quand le jouet devient micro, capteur et interlocuteurLes "jouets intelligents" ne se contentent plus de parler. âDĂ©sormais, ils Ă©coutent, enregistrent et apprennent. Sous ces carapaces de plastique colorĂ© il y a :
On a dĂ©jĂ vu ce que ça donne : la poupĂ©e connectĂ©e My Friend Cayla ou le robot I-Que ont Ă©tĂ© accusĂ©s dâĂȘtre de vĂ©ritables outils dâĂ©coute ! La CNIL a Ă©ditĂ© des mesures de mise en garde en France et certains de ces jouets ont Ă©tĂ© interdits en Allemagne pour risque dâespionnage. DerriĂšre la promesse dâapprentissage ludique ou celle d'offrir un compagnon interactif Ă son enfant, ces jouets posent trois questions :
đŁïž Alexa, Siri... : les nouvelles nounous numĂ©riquesIl existe des assistants vocaux "spĂ©cial kids" : Echo Dot Kids, profils enfants sur Alexa, etc. Et ils sont vendus comme des aides Ă©ducatives qui racontent des histoires, rĂ©pondent aux "pourquoi ?", lancent des jeux, des quiz, voire peuvent mĂȘme aider aux devoirs ! Sur le papier, ça peut paraitre magique :
Mais pour un enfant, cet assistant vocal nâest pas une interface... Câest un personnage. Des travaux ont dĂ©montrĂ© que les enfants dĂ©veloppent une relation particuliĂšre aux assistants vocaux les considĂ©rant pour certains comme leur "ami", leur "nounou"... Tout en ayant peu de conscience des enjeux de donnĂ©es personnelles ou de fonctionnement rĂ©el de ces systĂšmes. RĂ©sultats :
L'adulte, le parent, dĂ©lĂšgue une partie de la gestion du temps, de lâattention et mĂȘme de la curiositĂ© de lâenfant Ă un jouet connectĂ© dont lâobjectif premier nâest pas lâĂ©ducation mais la rĂ©currence dâusage (coucou les algorithmes de nos rĂ©seaux sociaux pro et perso). đ± Applis dâapprentissage : pĂ©dagogie ou confiscation de lâattention ?Les stores sont remplies dâapps "Ă©ducatives" pour apprendre Ă lire, compter, coder, parler anglais, se concentrer⊠Pourtant, un problĂšme existe : Des recherches montrent que beaucoup dâapps "Ă©ducatives" sont davantage conçues pour retenir abusivement lâenfant que pour rĂ©ellement le faire progresser. Autrement dit : on gamifie lâapprentissage, mais on gamifie surtout lâattention avec une mĂ©canique qui consiste Ă :
En apprenant sa leçon de maths, l'enfant apprend également que s'il revient souvent sur l'app il peut aussi gagner des récompenses. Et, en parallÚle :
đ§© Qui Ă©duque vraiment : les parents, lâĂ©cole⊠ou lâalgorithme ?Jusqu'Ă prĂ©sent, officiellement :
Dans notre rĂ©alitĂ© phygitale, une autre rĂšgle a Ă©mergĂ© : ces plateformes Ă©crivent le quotidien numĂ©rique de lâenfant. Elles dĂ©cident :
đ§ Ce que ça dit du monde qui vientLe monde imaginaire de lâenfant peut ĂȘtre co-construit avec ces plateformes. Hier, le monde imaginaire de lâenfant se construisait :
Aujourdâhui, il se co-construit aussi :
Lâenfance devient phygitale :
Alors, que faire en tant que parent, professeur, professionnel ?
Parce quâau fond, la question nâest pas seulement : Ă quel Ăąge doit-on donner un Ă©cran Ă un enfant ? Mais plutĂŽt : JusquâoĂč laisse-t-on ces plateformes co-construire l'imaginaire des enfants ? đ Bienvenue dans un monde phygital est une newsletter mensuelle pour mieux comprendre comment le digital impact notre quotidien⊠parfois Ă notre insu.
đïž RDV mardi 6 janvier pour votre prochaine newsletter đ Ces contenus vous plaisent ? Partagez-les ! đ€ Et connectons-nous sur Linkedin dĂšs Ă prĂ©sent ! |
đ Reader Vous lancez une playlist.Vous ouvrez Instagram.Vous voyez une pub. Et, sans trop savoir comment, vous tombez toujours sur la mĂȘme chose. Pas exactement le mĂȘme contenu, non. Mais la mĂȘme couleur.La mĂȘme humeur.Le mĂȘme style.La mĂȘme version de vous-mĂȘme. Bienvenue dans le monde des algorithmes de rĂ©pĂ©tition. Des outils censĂ©s nous aider Ă dĂ©couvrir⊠qui finissent par nous enfermer Au dĂ©part, la promesse Ă©tait sĂ©duisante : vous montrer ce que vous aimez vous faire gagner du temps...
đ Reader Il est 8h42 : un mail "urgent" arrive sur le Slack de lâĂ©quipe.On y voit une vidĂ©o du DG, impeccable, demander une annonce immĂ©diate suite Ă une crise.Tout le monde sâexĂ©cute : mails, posts, commâ⊠la machine se met en marche.La vidĂ©o est crĂ©dible : voix, visage, tics de langage, tout y est.Un lĂ©ger dĂ©tail dĂ©range, mais lâurgence Ă©crase le doute. Ă 9h12, le vrai DG entre dans lâopen space, dĂ©tendu."Quelle annonce ?" demande-t-il, surpris.On lui montre la vidĂ©o : il pĂąlit.Ce nâest pas...
đ Reader J'aime bien l'idĂ©e que lâIA soit un super-pouvoir de productivitĂ©. Car, câest vrai, qu'en quelques prompts, on arrive Ă rĂ©diger, rĂ©sumer, coder, dĂ©cider plus vite. Mais aprĂšs avoir visionnĂ© et analysĂ© deux documentaires trĂšs diffĂ©rents ces derniers jours, il semblerait qu'au fond, ce gain de temps promis par l'IA soit rarement gratuit. Alors, si lâIA nous fait gagner du temps, demandons-nous ce quâelle nous prend Ă la place : Du sens ? Du contrĂŽle ? De la compĂ©tence ? Les trois Ă la...